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Nos déchets ont désormais de la valeur

Le 14 juin 2018

Le Grand Narbonne et SUEZ inaugurent le centre de tri de l’Écopôle pour un recyclage et une valorisation optimisés des déchets.

Photo : inauguration le 14 juin 2018 en présence, notamment, (de g. à d.), d'Edouard Rocher, Vice-président du Grand Narbonne délégué aux Transports et à l’Intermodalité, Nicolas Sainte-Cluque, Conseiller communautaire du Grand Narbonne, Jacques Bascou, Président de la Communauté d’agglomération du Grand Narbonne, Agnès Langevine, Vice-présidente de la Région Occitanie/Pyrénées-Méditerranée en charge de la Transition écologique et énergétique, de la biodiversité, de l’économie circulaire et des déchets, Philippe Maillard, Directeur général adjoint SUEZ France, Guillaume Heras, Vice-président du Grand Narbonne délégué notamment à la Politique des déchets, Marie Bat, Vice-présidente du Grand Narbonne déléguée à la Culture, maire de Bages, Jean-Christophe Didio, Directeur territorial Occitanie de Suez Recyclage et Valorisation, Charlotte Parent, représentante de l’Ademe.

Ce dispositif industriel au service de l’économie circulaire ouvre une nouvelle ère en matière de traitement des déchets.
La Communauté d’agglomération, engagée depuis 2014 dans la croissance verte, s’est donné pour objectif de créer de la valeur à partir de la gestion des déchets : création de nouvelles filières économiques, recherche et innovation pour développer des modes de valorisation encore plus larges, production de nouvelles ressources et d’énergie.


De la sensibilisation au recyclage, l’objectif est double : augmenter la part des déchets recyclables et préserver l’environnement en limitant l’enfouissement.
Pour répondre à ces enjeux, Le Grand Narbonne a confié à SUEZ la gestion des déchets au travers d’une délégation de service public d’une durée de 20 ans et la construction de ce nouveau centre de tri.
Celui-ci étant composé de quatre ateliers et d’une chaîne de tri automatisée, ainsi que d'un centre de stockage des déchets. En outre, dans un avenir proche, le "BioResourcelab" sera installé sur le site. Il s'agit d'un laboratoire de recherche, dédié à la valorisation des déchets organiques, qui regroupera 15 chercheurs et techniciens.

Quelques chiffres
- 20 employés sur le site.
- un bâtiment de 4 500 m²
- 50 mètres de chaîne de tri
- 4 ateliers permettant de valoriser 50 à 100% des déchets
- Capacité de traitement des déchets : 60 000 tonnes par an dès 2019
- 12 mois de travaux
- coût : 9,2 M€

Entre 50% et 100% des déchets traités au centre de tri auront une nouvelle utilité
Ces déchets traités participent à la création de nouvelles ressources :
- matière (papier, carton, métaux, granulats, plastiques),
- agronomique (compost),
- énergétique avec la production de Combustible Solide de Récupération (CSR).
Le CSR produit est prioritairement proposé à l’industrie locale comme substitut aux énergies fossiles, répondant ainsi à un double enjeu : économie circulaire en territoire narbonnais et réduction de la consommation d’énergie fossile (charbon, pétrole).

L’Écopôle en détail

Un centre de tri, quatre ateliers de valorisation des déchets
Quelque 95 500 tonnes de déchets sont produits tous les ans sur le territoire du Grand Narbonne.
Dès 2018, plus de 25 500 tonnes de déchets (tout-venant, bois, cartons, encombrants issus des déchèteries) dont 4 900 tonnes de déchets recyclables transiteront par les ateliers du nouveau centre de tri.
Courant premier semestre 2019, avec la mise en place de l’atelier des biodéchets, 4 000 tonnes de déchets organiques supplémentaires pourront être valorisées.

1) L’atelier de valorisation des encombrants et déchets d’activités économiques
Cet atelier de recyclage des encombrants s’appuie sur un outil moderne utilisant les dernières technologies disponibles en matière de tri, développées par SUEZ.
Plusieurs systèmes permettent de préparer et de trier les déchets. Le broyeur prépare les produits avant le tri, tandis que différentes étapes (avec notamment le tri optique*) se succèdent pour trier et séparer les matières.
Grâce à ces procédés, il devient possible d’extraire notamment des matières premières (fer, aluminium etc.) qui entreront dans les filières de recyclage et de valoriser les déchets restants pour créer un combustible de récupération solide (CSR) destiné à alimenter les cimenteries du territoire.
Plus de 20 000 tonnes de déchets issus des déchèteries du Grand Narbonne y seront traitées. Par ailleurs, dans le cadre de la mutualisation départementale, tous les encombrants issus des déchèteries audoises seront acheminés sur l’Écopôle pour y être triés et valorisés.

*Le tri optique
Cette technologie permet de cibler et isoler la matière que l’on souhaite.
La machine va reconnaître la matière grâce à la réflexion de la lumière sur le débris.
En moins d’une seconde, l’objet sera localisé puis des buses enverront de l’air à haute pression de façon précise pour le transférer vers un bac dédié (selon typologie de déchets).

2) L’atelier de valorisation du bois
4 800 tonnes de bois par an transitent dans cet atelier. On y distingue deux catégories de bois qui sont valorisés dans des filières distinctes :
- le bois de catégorie A (bois non traité comme les palettes ou très faiblement traité) est destiné à la fabrication de panneaux de particules ou de plaquettes de chauffage
- le bois de catégorie B (bois traité comme des meubles en fin de vie) sont recyclés en panneaux de particules (pour des futurs meubles ou matériels de construction).

3) L’atelier de conditionnement des emballages ménagers
Avec 75,9 kg d’emballages, verre et papier triés par an et par habitant, Le Grand Narbonne figure parmi les bons élèves du tri sélectif (poids supérieur à la moyenne nationale et à la moyenne régionale).
4 900 tonnes de déchets issus des bacs jaunes du Grand Narbonne sont triés et conditionnés dans cet atelier qui permet d’une part, de préparer les emballages ménagers (bouteilles en plastique, conserves, journaux, emballages carton…) en vue d’un affinage de tri final sur le site du Covaldem11 à Carcassonne ; et d’autre part, de conditionner les cartons collectés dans les déchèteries publiques du Grand Narbonne et auprès d’entreprises locales, pour qu’ils soient réutilisés en tant que matières premières secondaires.

4) L’atelier de valorisation des bio-déchets
Depuis trois ans, une phase de test menée par l’Inra, SUEZ et Le Grand Narbonne sur la valorisation des biodéchets (restes de repas, denrées alimentaires périmées, déchets viticoles) est en cours avec les professionnels du territoire (restaurants, cantines, marchés de gros…). L’objectif est de transformer les biodéchets grâce au procédé de méthanisation en compost, et de valoriser le méthane produit en énergie.
Le prototype industriel, issu des conclusions de cette phase scientifique, sera construit sur le centre de tri avec la volonté d’y associer des partenaires industriels locaux et de déposer à terme des brevets de propriété intellectuelle partagée avec la Communauté d’agglomération du Grand Narbonne, auprès de l’INPI.
Au premier semestre 2019, cet atelier accueillera près de 4 000 tonnes de déchets alimentaires qui seront ainsi détournés de l’enfouissement.

Le Grand Narbonne poursuit sa stratégie pour limiter l’enfouissement

Une mutualisation unique
Le Grand Narbonne et le Covaldem11 ont mis en place une coopération unique à l’échelle départementale dans l’objectif d’optimiser les outils de traitement présents sur le territoire. Avec le soutien de l’Ademe, de la Région Occitanie et de l’éco-organisme CITEO, une mutualisation du traitement des déchets a été mise en place. L’ensemble des déchets issus de la collecte sélective (emballages et papiers) sont traités à Carcassonne, tandis que tous les encombrants et le tout-venant des déchèteries du département sont préparés et triés sur le nouveau centre de tri de l’Écopôle SUEZ/Grand Narbonne et destinés à la fabrication d’un combustible solide pour les cimenteries (CSR).
+10% de déchets à recycler dès 2019 grâce à un élargissement des consignes de tri...
Grâce aux nouveaux outils de tri, l’élargissement des consignes de tri sera possible dès 2019. Ainsi, les plastiques fins, tels que les pots de yaourts et les barquettes de polystyrène, films polyéthylène (barquette plastique, suremballage plastique...), pourront entrer dans une phase de recyclage (à jeter dans les conteneurs jaunes de tri) et ne plus être considérés comme des refus de tri. Objectif : +10% de déchets à recycler.
Il s’agit d’une étape capitale dans la simplification du geste de tri. Elle fera suite au passage en 2016 en monoflux (papier et emballages ménagers collectés dans le même bac jaune) qui a permis d’augmenter de 4 % le tonnage de déchets collectés dans les bacs jaunes. En augmentant la part des déchets recyclables, la part des déchets enfouis doit diminuer. Le meilleur déchet, c’est celui qu’on ne produit pas.

Agissons pour réduire le volume des déchets enfouis...

En triant plus et mieux... En ayant le réflexe d’extraire de la poubelle... En utilisant un composteur... En ne produisant pas de déchets !
...les déchets recyclables, par exemple, le verre qui se recycle à l’infini… ...les cartons, les cagettes, le métal, le textile qui peuvent être apportés en déchèterie... ...pour les restes de repas, épluchures, déchets verts... Par exemple, préférer les emballages familiaux aux individuels, les denrées en vrac à celles emballées, réutiliser, donner ou troquer, ou réparer objets, textiles, appareils ménagers…